Bouteille à la mer

22 juillet 2019

Chères lectrices, chers lecteurs,

Un sage a dit « Girls with dreams become women with vision… »

J’ai entendu Meghan Markle citer cette phrase à la fin de son discours retentissant à l’ONU en 2015.

Je me suis alors demandé si une femme, une seule femme, pouvait être cette petite pierre qui dévale la montagne, se polit contre les rochers rugueux et entraîne avec elle d’autres pierres aussi maladroites, inexpérimentées et apeurées qu’elle.

Je rêve depuis toujours de recevoir plus de moments de paix et de certitude dans ma vie. Savoir que je suis là où je dois être, en train de faire ce que je sais devoir faire.

Je vois tant de femmes inquiètes qui comblent un vide profond et caché par un perfectionnisme frénétique dans leur travail, leur relation conjugale, leurs tâches quotidiennes et l’éducation des enfants.

Elles ne roulent plus dans la bonne direction, elles n’entraînent rien que de la poussière et elle se jettent tout droit dans un gouffre, une crevasse où personne ne viendra les chercher.

Les sévices qu’une femme peut subir de la part d’un homme – patron, conjoint, père – ne sont que la manifestation extérieure de ceux qu’elle s’inflige à elle-même, sans même en être consciente.

La femme fait de « la négation » une nouvelle forme d’identité : « je ne suis pas assez jolie, pas assez organisée, pas assez performante, pas assez forte, pas assez attirante, pas assez intelligente, pas assez douée… »

Et parfois cette négation qui a envahi toutes ses phrases et entaché le « je » de son existence finit par gommer absolument tout le reste : « je ne suis pas, je ne suis rien… »

La femme fait de « la négation » une nouvelle forme d’identité

Ma bouteille à la mer, c’est mon roman.

Ma bouteille à la mer, c’est un miroir implacable, dur, éblouissant tendu à toutes les femmes. Car je crois que le corps parle quand l’âme s’est éteinte dans « la négation ». Et ce corps vous dira tout ce qu’il a à vous dire… Il se courbera pour vous dire qu’on vous a rejetées, il s’épaissira pour vous dire qu’on vous a humiliées, il saignera pour vous dire qu’on est en train de vous tuer.

Ma bouteille à la mer, c’est Starry, Starry Night.

Promesse que les ténèbres qui sont en vous peuvent être dissipées par une étincelle de vie tenace, que le vide peut être comblé, que les blessures seront vidées et recousues, que la peau neuve et nacrée s’attendrira pour vous conduire sur de nouveaux chemins.

Nous n’avons rien à justifier, ni notre vie, ni notre valeur, ni notre beauté.

Nous sommes en vie et c’est bien suffisant pour qu’on nous regarde et qu’on nous respecte. Nous rêvons et c’est bien suffisant pour connaître notre vérité et la dire. Nous existons et c’est bien suffisant pour accueillir la joie qui nous est réservée depuis toujours.

Nous sommes en vie et c’est bien suffisant pour qu’on nous regarde et qu’on nous respecte

Je crois que si l’affirmation de mon existence remplace le fléau de la négation, les bourreaux reculeront dans les ténèbres : d’abord mon bourreau intérieur, puis tous les hommes faibles qui revêtent le costume du tyran pour mieux cacher leur propre néant.

Me voilà au sommet de mon Everest, je lance ma petite pierre si imparfaite – Starry, Starry Night – et je prie non pour la célébrité, les louanges des hommes, mais pour qu’elle entraîne d’autres petites pierres dans son sillage et que nous nous polissions dans l’adversité et l’acceptation de ce que nous sommes : des femmes, des voix dans la nuit, des créatrices, des tabernacles de vies minuscules, des étoiles immobiles, le mystère de l’homme, l’éternité dans un soupir…

Starry, Starry Night est désormais disponible en version papier et e-book sur le site de mon éditeur :

sur Amazon :

sur la Fnac :

https://livre.fnac.com/a13681093/Lise-Paty-Starry-starry-night

sur Cultura :

https://www.cultura.com/starry-starry-night-9791032630464.html

sur Decitre :

https://www.decitre.fr/livres/starry-starry-night-9791032630464.html

sur Chapitre :

https://www.chapitre.com/BOOK/paty-lise/starry-starry-night,80132987.aspx

sur Furet du Nord :

https://www.furet.com/be/starry-starry-night-3210617.html

sur la Librairie des Dialogues :

https://www.librairiedialogues.fr/livre/15993970-starry-starry-night-lise-paty-sydney-laurent

Bien à vous,

Lise

STARRY, STARRY NIGHT

11 JUILLET 2019

Chères lectrices, chers lecteurs,

C’est avec joie et émotion que je vous annonce la sortie de mon premier roman : Starry, Starry Night.

Histoire et mots qui m’ont longtemps trotté dans la tête pendant les nuits sans sommeil et les jours de veille.

Puis vient le soir où, sans prévenir, le torrent fend la roche, les résistances qui étaient en vous et vous muselaient cèdent enfin, l’eau jaillit et l’encre s’écoule sur le papier immaculé.

C’est la voix créatrice qui résonne dans une nuit solitaire, dictée par les Muses capricieuses sous un rayon de lune et une pluie d’étoiles.

Les mots se sont précipités au bord de la plume maladroite pour dire ce qu’on devine à peine dans les yeux livides et les larmes sèches de ces femmes éteintes.

Alors quand on a du courage et le cœur plein de ces souffrances cachées, honteuses, mais tenaces, on écrit.

On écrit parce que si on le tait, d’autres souffriront dans la salle de bains d’un appartement étroit encore des jours et des années, accablées par la violence froide ou brûlante d’hommes indignes de porter le nom d’ « homme ».

Ce roman est tout autant le miroir d’une femme que celui d’un homme. Victime et bourreau, chacun devra accepter sa partition.

Étoiles qui s’attirent par une force aussi redoutable que l’attraction terrestre jusqu’à ce que la femme dise : « Assez ! ».

Mon seul désir est que cette « nuit étoilée » éclaire plus d’une âme , car comme le dit Edgar Allan Poe : « Il peut se faire qu’une vérité soit plus étrange que toutes les fictions ».

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En exclusivité, rejoignez le site de mon éditeur SYDNEY LAURENT pour découvrir la magnifique couverture réalisée par Proxima, le résumé et quelques extraits.

Starry, Starry Night est disponible dès à présent en e-book et la version papier ne va pas tarder, encore deux petites semaines !

J’ai hâte de lire vos commentaires, de vous entendre et de vous rencontrer.

Bien à vous,

LISE

Périmée ou date approximative ?

28 juin 2019

J’ai entendu dire que plus le vin vieillit meilleur il est. Je croyais naïvement que cela s’appliquait également aux êtres humains. Plus ils vieillissent, meilleurs ils sont. Plus sages, plus avertis, plus raffinés, plus courageux, plus aguerris, plus beaux, car les traits comme le caractère cessent de se mouler sur ceux des autres pour prendre leur forme définitive et unique.

Cependant, il semble que certains hommes considèrent la femme comme pourvue d’une « date de péremption », dissimulée sous sa chevelure, dans le cou. Passée la trentaine, ils évoquent le vieillissement des cellules, la diminution de sa fertilité et ses habitudes de « vieille fille ».

Sur le marché de l’amour, la femme trentenaire est rapidement concurrencée par les « petites jeunes » aux fossettes, nez retroussé et yeux écarquillés de l’enfance. La « femme-enfant » ne fait pas peur à l’homme, car il sent qu’il peut la protéger de tout et l’aiguiller sur tout. Il sent qu’elle ne vivra que pour lui et qu’elle n’aura d’habitudes que les siennes.

Qu’adviendra-t-il de la femme dite « périmée » ?

On peut me faire la remarque vingt fois, les gars, je ne peux pas remonter le temps et me convertir en femme-enfant ! Ou bien me suggérez-vous une petite, mais nécessaire, mise à jour ? Mieux une réinitialisation ou un reformatage ? Faut-il que je gomme de ma mémoire et de mon corps toutes les expériences de l’âge adulte ?

Un jour, j’ai croisé une connaissance dans l’ascenseur, c’était le jour de son anniversaire et nous avons disserté sur le temps qui passe, la difficulté pour certains d’ajouter une année au compteur, etc. Elle m’a déclaré ce qui suit : « Pour moi, prendre de l’âge n’a jamais été un problème. J’ai aimé chaque période de ma vie et j’ai toujours été fière de ce que j’avais accompli. J’aime chaque année supplémentaire. J’ai beaucoup appris. »

Il existe une date pour notre naissance et une autre pour notre mort.

Nous pouvons lutter encore et encore, grincer des dents, tirer la couverture pour couvrir notre visage et vivre dans un non-temps, cela ne nous appartient pas.

Mon constat est le suivant : les hommes qui fuient les femmes de leur âge ou légèrement plus âgées ont peur d’eux-mêmes. Refusant de grandir et de devenir des hommes, ils pensent qu’en valsant avec la femme-enfant, ils finiront par oublier qu’ils ont quitté le Pays imaginaire pour de bon et qu’il n’est plus temps de jouer aux Cow-boys et aux Indiens !

« s’ils placent une date de péremption sur la femme mature, ils ont l’impression de contrôler le temps et leur éternelle jeunesse. » 

Alors s’ils placent une date de péremption sur la femme mature (parce qu’ils ne voient pas l’intérêt de prêter attention à celle que les autres semblent délaisser), ils ont l’impression de contrôler le temps et leur éternelle jeunesse. Moi je serais d’avis de souffler dans leurs narines un peu de poussière de fée pour les voir s’envoler loin, très loin, avec leur arc, leurs flèches et leurs oreilles pointues.

Une femme n’aurait-elle plus le droit de vieillir ? A l’image de ces actrices hollywoodiennes mises au rencard à la cinquantaine (sauf si le botox a fait son effet et rétracté les rides au coin des yeux et de la bouche sans trop bousiller la beauté originelle) quand les acteurs bien musclés et virils ont droit de jouer dans des grosses productions tant qu’ils ne clapsent pas et s’engagent à faire quelques séjours réguliers en désintox.

Il existe une porte de sortie pour ces actrices vieillissantes : les publicités lumineuses des produits anti-rides ! Alors, bien sûr, on vous promet un résultat époustouflant dès la première utilisation en oubliant de préciser en tout petits caractères en bas du spot TV que le visage d’Andy MacDowell a été lissé sur le billard de la chirurgie esthétique, puis sur Photoshop (pour les imperfections restantes).

On ment à toutes ces jeunes filles et femmes qui rejettent leur corps, leurs imperfections, leurs donuts, leur nez, leurs cheveux, leurs rides et leurs taches de rousseur comme incompatibles avec la notion de « beauté ».

Arrêtons les scientifiques dans leurs recherches sur le clonage ! Cela fait bien longtemps que le cinéma, la publicité, les entreprises pharmaceutiques ont réussi à cloner les êtres humains de l’intérieur. Des Irina Shayk sont en cours de fabrication, eh oui ! Femmes en série qui se rejettent, se divisent en elles-mêmes, blessent leur âme et vendent leur corps restructuré au plus offrant qui ne verra plus de date approximative ou périmée dans cette enveloppe sans âge, parfaite, désirable pour l’ego masculin.

« Cela fait bien longtemps que le cinéma, la publicité, les entreprises pharmaceutiques ont réussi à cloner les êtres humains de l’intérieur »

Enfin, cette femme est souillée, perdue, mourante quand il l’abandonne pour une autre plus blonde, plus pulpeuse, plus jeune ou bien celle que je nomme « le clone d’autrefois ». Autant de femmes qui ont perdu leur voix…

J’ai rencontré bien des femmes âgées qui avaient survécu à la maladie, au deuil, aux fardeaux de la vie. Elles étaient belles, vraiment belles. Leurs mains noueuses déformées par l’arthrose témoignaient des heures passées à travailler, à cuisiner, à laver, à porter. Les rides au coin des yeux rappelaient les éclats de rires prolongés indéfiniment et les larmes qui coulaient silencieusement dans les sillons de l’adversité et finissaient par imprégner l’oreiller. La peau froissée autour des lèvres, c’était la robe du sourire donné envers et contre tout aux siens, aux ennemis, aux ombres destructrices. Les cheveux fins et blancs devenaient des fils conduisant aux pensées vivaces, à la peur de tout perdre, aux contractions de l’accouchement, aux prières longues et nocturnes pour les enfants en retard ou bien perdus. Les pieds lourds et douloureux dessinaient des chemins souvent parcourus dans la solitude et l’incertitude, l’ultime effort pour se lever du lit quand la maladie physique ou mentale emprisonne le corps et l’âme dans une chambre blanche, et puis, un sursaut de vigueur, les pieds conduisent le corps vers la guérison, un jardin fleuri de roses rouges. Le dos courbé me faisait imaginer l’enfant porté en rentrant d’une longue promenade, les courses hissées à bout de bras, les lits faits dans une symphonie de lavande et de plis parfaits, le sac à dos rempli de goûters porté toute la journée jusqu’au sommet de la montagne et la chaleur de l’homme qui se penche sur la femme et demande sa douceur.

Le corps de ces femmes avait une histoire, une belle histoire, une grande histoire, écrite dans l’anonymat et le silence. Quand j’admire tout ce qu’elles ont accompli, ces femmes me répondent : « Oh ! Je n’ai rien fait d’extraordinaire… J’ai veillé sur ma famille. J’ai aimé et cela m’a comblée. J’ai fait ce que toute femme aurait fait à ma place. »

« Le corps de ces femmes avait une histoire, une belle histoire, une grande histoire, écrite dans l’anonymat et le silence »

Quelles grandes âmes ! Elle ne sont pas périmées, parce qu’elles sont seules, fatiguées et malades, elles sont raffinées. Leur sainteté est leur éternité…