Amoureuse des voyages et de la vie en général, j'aime observer le monde et décrire ce qui est caché sous le vernis social.
Madly in love with Trips and Life, I like gazing at the World and describing what is hidden beneath the Social Gloss.
Auteure, blogueuse et musicienne insatiable, je vous invite dans une plongée aux confins de l'humanité et de l'être pour trouver quelques vérités bien utiles dans ce parcours d'obstacles qu'est la vie...
Author, Blogger and Voracious Musician, I will lead you through a diving into the Human and Being Borders and you will, eventually, find some useful truths to go on with your own rocky Life’s Journey…
Alors que je me promenais dans un jardin à Rome, j’ai été fascinée par un olivier qui se tenait avec beaucoup de dignité au centre d’une petite cour pavée.
J’ai observé son tronc noueux : chaque ligne de vie était enlacée dans une autre et puis poursuivait sa route jusqu’à la terre qui la nourrit.
Savez-vous que le plus vieil olivier est sur terre depuis 3000 ans ?
En marchant autour de cet olivier, j’ai eu l’impression de voir un double de moi-même. Parfois, je crois porter en moi des siècles de vies humaines. Je me sens traversée par toutes ces existences muettes qui ont rendu possible la mienne.
Je suis cet olivier debout sur ce très vieux tronc de générations passées dont les veines s’entremêlent à l’infini et vont puiser dans la terre l’eau nécessaire à ma survie.
Si je parviens à faire naître le silence en moi, je peux entendre toutes ces voix du passé et je comprends alors que mon très vieux tronc vibre, s’émeut et s’attendrit.
En période de sécheresse, les feuilles de l’olivier se recroquevillent pour retenir autant d’eau que possible. Cette eau nourrira les racines pendant plusieurs semaines.
Ces feuilles ovales me fascinent…
Elles sont si fines, si parfaites, si épaisses, si solennelles. Beaucoup y voient le symbole de l’éternité.
Un jour, je parcourais le cimetière où est enterré mon grand-père maternel.
Bien sûr, il me manquait, bien sûr ce vide me pesait.
Mais ces sentiments ont laissé place à la certitude que je devais rétracter mes feuilles pour un temps afin de retenir l’eau dont il avait besoin pour traverser calmement la vallée de la mort.
Nous avions besoin l’un de l’autre et je savais que dans mes temps de sécheresse, il ferait remonter la sève de la délivrance jusqu’à ce qu’une pluie rafraîchissante tombe du ciel.
L’olivier est un microcosme de vie.
Les Anciens l’appelaient l’arbre des dieux.
S’il possède un cycle aussi parfait, ne pouvons-nous penser que l’être humain a été créé avec une matrice tout aussi stupéfiante ?
Rappelez-vous que vous êtes nourris et soutenus par plus de vies minuscules que vous ne pouvez l’imaginer.
Dites-vous que vous avez plus de 3000 ans à vivre.
Photos de Rome et de Colleville-sur-Mer : Copyright@LisePaty
Bah ! on trouve des mots quand on monte à l’assaut ! Oui, j’ai certain esprit facile et militaire, Mais je ne sais, devant les femmes, que me taire. Oh ! leurs yeux, quand je passe, ont pour moi des bontés…
Cyrano.
Leurs cœurs
n’en ont-ils plus quand vous vous arrêtez ?
Christian.
Non !
car je suis de ceux, — je le sais… et je tremble ! —
Qui ne savent parler d’amour.
Cyrano.
Tiens !…
Il me semble
Que si l’on eût pris soin de me mieux modeler,
J’aurais été de ceux qui savent en parler.
Christian.
Oh !
pouvoir exprimer les choses avec grâce !
Cyrano.
Être un joli
petit mousquetaire qui passe !
Christian.
Roxane est
précieuse et sûrement je vais
Désillusionner Roxane !
Cyrano,
regardant Christian.
Si j’avais
Pour exprimer mon âme un pareil interprète !
Christian,
avec désespoir.
Il me
faudrait de l’éloquence !
Cyrano,
brusquement.
Je t’en
prête !
Toi du charme physique et vainqueur, prête-m’en :
Et faisons à nous deux un héros de roman !
Qui
ne connaît pas cette célèbre scène de Cyrano de Bergerac ?
Qui
n’a pas pensé : « Mais enfin, si j’étais Roxane, bien sûr que
j’aurais choisi Cyrano ! »
Ou
encore : « Quel homme ! il aime en secret, il souffre, il parle
dans la nuit sous sa fenêtre, il n’est qu’une ombre, qu’un long manteau qui
traîne. Il avoue tout trop tard ! »
On
aurait pu penser que le taux de « Christians » aurait fortement
dégringolé après le succès de la pièce et celui des « Cyranos »
meurtris aurait pris son envol.
Mesdames,
il n’en est rien…
Quoi
que vous en pensez, vous aimez les Christians, c’est plus fort que vous et les
Cyranos, eux ne parlent jamais ou trop tard.
Cyrano,
Rostand, c’est peut-être l’incarnation d’une voix lyrique toute faite d’idéal,
de passion secrète, de poésie, de rêve.
À
mon sens, les Christians causent plus mal que jamais à l’heure des réseaux
sociaux et des textos.
Ils
n’ont même plus besoin d’endosser la fonction de mousquetaire !
Un
snap bien posté avec les biscotos, le vent dans le dos, la planche de surf sous
le bras et une retouche de dernière minute qui coupe Maman dans l’angle mort.
Eh voilà ! le tour est joué !
Christian
reconnaissait qu’il ne savait que se taire devant les femmes, mais les
Christians-Alerte à Malibu, eux, n’ont pas froid aux yeux. Ah ça non !
Ils
vous embobinent à coup de « sa va ? », « ces ça » et
« ont se voit la ».
Ils
ont un abonnement illimité à la salle de musculation grâce aux étrennes de
Maman, ils accumulent les cursus inachevés, les boulots d’été et les journées
télé (oups ! jeux vidéos).
Le
drame dans tout cela, c’est qu’ils ne savent pas aimer.
Ils
voudraient bien que vous soyez la copie conforme de Maman (en plus jeune bien
sûr) avec un programme complet : machine à laver, lave-vaisselle,
aspirateur, serpillère, cuisinière et comptabilité.
Une
femme toute équipée, en somme, avec un soupçon de tendresse et de patience pour
l’aider à trouver sa virilité. « Aime
ton chéri comme un petit garçon et tu feras un homme de lui ! »
Voilà
la recette miracle ! Mais on arrête là, Mesdames, STOP à l’exploitation,
vous n’êtes pas de l’électroménager vendu au rabais, parce qu’aucun autre gus
ne passait par là le jour des soldes d’été !
Moi
aussi je voulais tout contrôler autrefois, je n’ai récolté que des
Christians-Alerte à Malibu à élever.
Plus
j’en faisais, moins je recevais. L’instinct maternel ne fait pas d’eux des
hommes, bien au contraire, ils retournent en enfance en empruntant le chemin de
Benjamin Button. Vous, je ne sais pas, mais moi, je n’ai pas envie de bercer un
nourrisson comme la pauvre Daisy !
Je
crois qu’il y a une parcelle de Cyrano qui réside à l’état d’embryon dans
chaque homme mature. Vous me direz, mais lui non plus n’entreprend rien !
Cyrano aime la Roxane idéale et il préfère ne jamais parler plutôt que voir cet
absolu se faner avec le quotidien.
Aimer
Roxane en bas du balcon sans être vu, c’est plus facile que mettre son âme à
nu, se dépouiller du vernis de la maxime et prier pour qu’on soit accepté et
aimé tel qu’on est.
Peut-être
que Cyrano aurait fini par tout dire si Roxane avait montré sa fragilité, son
besoin de tendresse et ses faiblesses. Elle aurait cessé d’être idéale et
affreusement parfaite. Elle aurait eu besoin de lui, tout simplement et pas de
Christian.
Ce
ne sont là que de simples suppositions.
Enfin
la conclusion, la voici : les Cyranos vous idéalisent et donc vous
trouvent inaccessibles. Ils s’enfuient dans la nuit et laissent les Christians
vous embrasser et vous épouser. Les Cyranos ont besoin de se sentir forts et
utiles, parce que ce sont des hommes, pas des adolescents attardés.
Alors STOP au gaz asphyxiant
plus communément nommé « instinct maternel ».
STOP à l’abrasif féministe
« je n’ai besoin de personne ».
Et STOP au spray répulsif et
collant « besoin de reconnaissance ».
Soyez
des femmes, des vraies, faites-vous désirer, faites-vous cajoler, faites-vous
aimer.
Et
rappelez-vous que les biscotos ont une fâcheuse tendance à se transformer en
graisse avec le temps, surtout si vous cuisinez comme Maman !
Je vois des gens totalement affairés et
frénétiques.
Certes, travailler apporte une certaine
distinction et un certain nombre d’accomplissements.
Certes, nous y passons une bonne partie de
notre temps.
Et certes, il faut de l’argent pour vivre.
Mais ne vous y prenez pas ! La reconnaissance
avec un grand R ne se trouve pas dans les bureaux capiteux ou dans l’encre
noire d’une photocopieuse.
Nous vivons à l’époque de la consommation
avec un grand C.
Alors on consomme tout : les biens matériels,
les voyages, les services et pour finir les êtres humains.
Eh oui ! on consomme l’humain et on le
consume.
Vous n’avez pas droit à l’Erreur, mais vous
n’avez pas droit non plus à la Reconnaissance.
Vous ne faites rien que votre travail, alors
ne croyez pas qu’on va lever un choeur de louanges à chaque dossier traité, à
chaque conversation téléphonique houleuse remportée, à chaque pierre que vous
aurez posée au grand édifice de l’entreprise…
Alors il est plus que temps de regarder par
la fenêtre fumée du 120e étage de votre immeuble suréquipé et de vous dire avec
honnêteté que la vie, la vraie, n’est pas là !
Faites ce qu’on attend de vous, mais cessez
de placer votre potentiel bonheur dans les mains de votre responsable, de votre
patron…
Vous découvrirez souvent qu’ils sont
eux-mêmes engloutis par un autre super patron qui martèle haut et fort : PRODUCTIVITE,
EFFICACITE, RENTABILITE et tout un tas d’autres concepts en -ITE.
Un jour, avec le ton le plus mystérieux, on
m’a fait venir dans le bureau du « chef ».
Je m’attendais à recevoir un ou deux
compliments, un ou deux remerciements…enfin quelques syllabes qui
justifieraient le travail acharné accompli pendant des mois.
J’ai eu un compliment, presque imperceptible,
je vous l’accorde, mais il était le gros nœud rouge qui entourait un énorme
service qu’on me demandait.
J’avais été choisie pour toutes mes qualités
pour accomplir une mission faite sur mesure, on avait pensé à Moi ! Rendez-vous
compte !
Enfin il ne faut jamais s’illusionner bien
longtemps… Le chef avait devant lui une feuille avec les noms d’autres
collègues barrés et j’étais la dernière sur la liste, sa dernière chance
d’obtenir un Oui ému, reconnaissant, valeureux.
« On a pensé à vous ! » Dites plutôt
: « On n’a plus que vous ! » Ca aurait le mérite d’être honnête…
Il s’est avéré que c’était une mission faite
sur mesure pour redorer le blason du chef auprès de la commune, mais qui
drainait, pour moi, son lot de fatigue et de contrariété.
Moralité : chercher la reconnaissance en
vous-même.
Soyez le capitaine de votre âme comme l’a dit
William Ernest Henley.
Et décollez votre visage de la vitre du 120e
étage pour voir la Vérité.
Votre travail n’est qu’un moyen pour vivre
vos rêves, ceux qui ne s’achètent pas avec de l’argent, ceux qui ne sont pas
une promotion, ceux qui ne sont ni consommables, ni négociables, ceux qui vous
constituent et doivent être votre seule fin !
Soyez des bâtisseurs et non des
consommateurs.
Soyez des rêveurs et non des serviteurs.Soyez vrais.